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Ici aussi, la perspective est très fortement marquée, mais d'une manière plutôt univoque, à cause du cadre unique, celui d'une église, où d'ailleurs la taille des ouvertures peut évoquer la Sainte Chapelle. On peut cependant y ajouter un élément différent, le tapis à bord vert sur lequelle est assise Marie (mais il semble plutôt y avoir quelque chose comme un tabouret bas).
Exceptionnellement, l'ange est ici à droite (c'est aussi le cas dans une autre miniature de Fouquet sur le même thème).
Les attributs sont presque tous là, mais dicrètement : la colombe, qui descend sur la gauche ; le lys, presque entièrement caché par la robe de Marie, deux livres, l'un devant, fermé, l'autre, en arrière, ouvert. Ne manque que le lit (dans une église...).
On note aussi l'inscription en dessous de l'image : Domine, labia mea aperies et os meum adnuntiabit laudem tuam
: "Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche proclamera ta louange" (verset 17 des Psaumes).
On trouvera ici une analyse géométrique de cette oeuvre. Je ne peux pas m'empêcher de trouver ces conclusions un peu tirées par les cheveux et la géométrie plutôt abusivement mise à contribution. Est en particulier explicitement invoquée la "section dorée", alors qu'on remet maintenant de plus en plus en question la place du nombre d'or en esthétique ou en histoire de l'art. (Voir Radiographie d'un mythe, Marguerite Neveux, suivi de La divine Proportion, une étude de la beauté mathématique, H. E. Huntley, Points sciences, ed. Seuil,1995 ou bien Le nombre d'or : Mythe ou mystère ?, Hannah Gabriel, De Vecchi, 2005, 102 p., ill.)
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